Réponse d’un Marocain à la lettre de Boualem Sansal (publiée par le 360 du 23/07/2026 à 12h02).

​Monsieur Sansal,

​Votre lettre interpelle, mais elle arrive sur un terrain déjà lourd d’histoire. Parler d’avenir entre nos deux peuples exige de regarder le passé en face, sans détour ni amnésie.

​1. La fraternité n’est pas un mot, c’est des faits

​Le Maroc n’a jamais douté de la fraternité avec le peuple algérien. L’histoire en est le témoin :

​Le soutien historique : De l’asile accordé à l’Émir Abdelkader jusqu’à la base arrière d’Oujda pour le FLN, le Maroc a payé le prix fort (la bataille d’Isly, les bombardements de Tanger et Mogador).

​L’effort populaire : Les familles marocaines ont partagé leur pain, leur argent et leur sang pour la libération de l’Algérie. Des citoyens gardent encore aujourd’hui les reçus de leurs dons signés par le FLN.

​2. La blessure des 350 000 expulsés

​La rupture ne vient pas d’une différence de vue, mais d’actes d’une cruauté inouïe. Le 18 décembre 1975, le jour même de l’Aïd al-Adha, le pouvoir algérien a expulsé 350 000 Marocains. Des familles déchirées, des couples séparés, des biens spoliés et confisqués du jour au lendemain. Une plaie ouverte qui reste une injuste punition collective.

​3. Ni déni, ni comptabilité : la tolérance marocaine

​Malgré ces fractures et le choix d’un régime algérien figé dans l’hostilité, le peuple marocain refuse la haine et la rancœur. Il ne vit pas dans le compte d’apothicaire des griefs passés. La tolérance marocaine est une réalité sociologique, pas un slogan.

​Le Roi Mohammed VI a tendu la main à de multiples reprises, avec sincérité et foi, pour une réouverture des frontières et une normalisation sans condition. Cette main reste tendue.

​4. Le Maroc avance

​Le Maroc a fait le choix du développement concret, de la stabilité et de l’avenir. Le temps a donné sa réponse aux choix idéologiques des uns et des autres.

​Nous lisons vos mots avec respect, mais la clef du problème n’a jamais été à Rabat. Elle est à Alger. Le jour où l’autre côté de la frontière décidera d’honorer la mémoire partagée et de regarder vers l’avant, le Maroc répondra présent. En attendant, le pays trace sa route.

Malek El Hebil– 23/04/2026

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