Trouble de l’Autisme à Fès : Un séminaire scientifique ouvre des perspectives de diagnostic précis et appelle à l’autonomisation sociale des enfants

Oujda – Dans une initiative humanitaire et scientifique distinguée, l’association « An-Najah pour la Solidarité et la Culture », en partenariat avec la « Fondation des Amis de Figuig », a organisé un séminaire de sensibilisation intitulé : « L’autisme entre diagnostic précis et similitudes avec d’autres troubles ». Cette rencontre a constitué une plateforme pour mettre en lumière ce « trouble de l’époque » qui préoccupe de nombreuses familles, au milieu d’appels urgents à la synergie des efforts entre la société civile et les autorités responsables pour garantir une véritable inclusion de cette catégorie .

Le diagnostic précoce : Clé du changement

La Dr Meriem Mostati, psychiatre spécialisée, a souligné que le trouble du spectre de l’autisme est un trouble « neuro-développemental » qui apparaît à des stades très précoces de la vie de l’enfant . Elle a précisé que le diagnostic peut commencer avant l’âge de cinq ans, et que ses signes apparaissent même dès l’âge de 18 mois .

La Dr Mostati a insisté sur la nécessité pour les parents de prêter attention à des signes précis, déclarant : « Parmi les signes les plus marquants à surveiller : l’enfant fixe-t-il son regard dans vos yeux ? Répond-il à l’appel lorsqu’on prononce son nom ? ». Elle a également évoqué le phénomène de développement déséquilibré, où un enfant peut exceller dans un domaine très spécifique (comme la mémorisation des noms de mosquées) tout en étant incapable de reconnaître des objets quotidiens simples comme les « légumes », ce qui peut induire les parents en erreur et retarder le diagnostic.

Précision du diagnostic et distinction entre les troubles

De son côté, la Dr Bouchra Amnachen, psychiatre, a mis l’accent sur l’importance de distinguer l’autisme des troubles similaires afin d’éviter les erreurs de diagnostic. Elle a expliqué que certains comportements, tels que la « phobie sociale » ou le « trouble obsessionnel-compulsif » (TOC), peuvent donner une fausse impression d’autisme.

La Dr Bouchra a souligné que les mouvements répétitifs ou l’isolement ne signifient pas nécessairement la présence d’autisme, affirmant : « La sensibilisation aux symptômes précoces de l’autisme aidera au traitement et facilitera l’avenir des enfants et de la famille ». Elle a estimé que l’objectif de ces rencontres est de corriger les stéréotypes dominants et d’apporter un soutien psychologique aux familles qui souffrent en silence .

L’inclusion scolaire : Du handicap à l’excellence

Concernant le volet de l’accompagnement éducatif, la Dr Sara Hakou, accompagnatrice psycho-pédagogique, a considéré que tout handicap doit se transformer en un « point de distinction et de différence ». Elle a évoqué les défis auxquels sont confrontées les familles dans le parcours éducatif, mentionnant le système de « dossier d’adaptation » adopté par l’État pour faciliter les examens.

La Dr Hakou a lancé un appel direct aux parents sur la nécessité d’accepter la réalité et de répondre aux observations des cadres éducatifs, déclarant : « Si je connais les problèmes de mon enfant dès son plus jeune âge, je pourrai construire quelque chose de grand avec lui à l’avenir, tandis que le déni du problème entraîne des complications graves à l’adolescence ». Elle a également cité des exemples de réussite mondiale, comme celui d’Einstein, pour confirmer que le regard positif sur la différence est ce qui fait la différence.

Responsabilité partagée et revendications institutionnelles

En conclusion du séminaire, le député Omar Aanane (dans le cadre de l’initiative portée par l’association) a souligné que la question de l’autisme nécessite un plaidoyer collectif. Il a appelé les acteurs de la société civile à se regrouper pour inciter les autorités responsables à trouver des solutions concrètes.

M. Aanane a insisté sur la nécessité de « créer des centres spécialisés et de former des cadres qualifiés dans les secteurs de la santé, du social et de l’éducation », estimant que les institutions, les responsables et les acteurs de divers secteurs sont directement concernés par la garantie d’une vie digne pour ces enfants et le renforcement de l’équilibre de leurs familles qui consentent d’immenses sacrifices.

Le séminaire s’est achevé sur une recommandation fondamentale : l’autisme n’est pas une fin en soi, mais le début d’un parcours qui exige « un diagnostic précis, l’acceptation familiale et un accompagnement institutionnel » pour transformer la différence en une force créatrice au sein de la société.

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