Gouvernance Associative et Défis de la Migration : Vers une Professionnalisation du Secteur au Maroc

Dans un contexte marqué par des enjeux sociaux et migratoires croissants, le tissu associatif de la région de l’Oriental se mobilise. Lors des récentes journées de formation, Hassan Amari, président de l’association, a tenu à souligner l’importance de cette rencontre pour la professionnalisation de la gouvernance associative.

Une Mission Sociale Ancrée dans la Réalité du Terrain

Dans son allocution préliminaire, M. Amari a rappelé les axes fondamentaux de l’organisation : « Notre association s’est investie dès sa création dans des domaines essentiels : l’environnement, les droits de l’homme en général, et plus particulièrement la question migratoire »,.

Il a notamment insisté sur la dimension humaine et solidaire de leur action, mentionnant la commémoration du 6 février, journée internationale de solidarité, comme un point d’ancrage de leur engagement. Pour lui, l’association doit être un pont entre les migrants et leurs familles, utilisant même la technologie vidéo pour maintenir ces liens vitaux, notamment pour les migrants originaires du Soudan ou d’Afrique subsaharienne,.

Le Défi de la Gouvernance et du Leadership

S’adressant aux participants, le président a identifié le leadership et la formation comme les piliers de la réussite associative. « Le domaine de la formation est une préoccupation majeure pour nous ; c’est un sujet qui occupe une place centrale dans chacune des réunions de notre bureau administratif ».

Pour M. Amari, cette volonté de progresser se traduit par des projets concrets de modernisation :

  • La Transition Numérique : L’association a lancé un projet ambitieux axé sur « l’archivage et la numérisation (digitalisation) » des documents administratifs.
  • La Planification Stratégique : Il plaide pour un passage à une planification rigoureuse s’étalant sur plusieurs jours afin de structurer l’avenir de l’organisation.
  • L’Ère des Observatoires : Pour s’adapter à l’ère digitale, il propose de transformer la gestion de l’information en créant des « observatoires » capables de traiter et de diffuser les données sur les droits humains de manière plus large.

Une Spécificité Régionale et une Rigueur Institutionnelle

Au micro des médias présents, Hassan Amari a rappelé la particularité géographique de leur mission. « La région de l’Oriental, et spécifiquement Oujda, possède une grande spécificité en tant que zone frontalière recevant des vagues migratoires importantes ». Cette réalité impose une responsabilité accrue envers la société civile et les partenaires.

Cette responsabilité passe également par une transparence totale vis-à-vis de l’État et des institutions. Le président a attiré l’attention sur les défis financiers et fiscaux auxquels font face les associations, notamment les relations avec l’administration des impôts. Il a ainsi encouragé les structures à se doter d’une gestion administrative rigoureuse, à travers des ateliers comme celui animé par l’experte Mariam sur le تدبير الإداري (gestion administrative),.

Vers une Collaboration Internationale et Médiatique

Enfin, M. Amari a souligné l’importance des partenariats stratégiques, évoquant notamment le soutien de fondations internationales comme la fondation allemande liée au Parti des Verts,. Il mise également sur le renforcement des liens avec la presse et les réseaux de journalistes marocains pour porter la voix des sans-voix et assurer un plaidoyer efficace au niveau national et international,.

En conclusion, pour Hassan Amari, la modernisation de l’association n’est pas une option, mais une nécessité pour répondre avec dignité et efficacité aux défis complexes de la migration et des droits de l’homme dans la région de l’Oriental.

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