Thierry Henry défend Mohammad Mohebi : « Ne transformez pas sa célébration en déclaration politique »

L’ancien attaquant et consultant Thierry Henry a réagi avec fermeté aux controverses qui ont suivi la célébration de but de l’attaquant iranien Mohammad Mohebi lors du match de la Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande. Après avoir marqué un but important dans la remontée de l’Iran, Mohebi a effectué un geste du pistolet pointé vers la foule américaine, ce qui a immédiatement été interprété par certains comme un acte politique.

Pour Henry, cette lecture est non seulement excessive, mais dangereuse. « J’ai vu des gens essayer de transformer la célébration de Mohammad Mohebi en déclaration politique, et honnêtement, je pense que c’est une voie dangereuse à suivre », a-t-il déclaré.

Selon l’ancien joueur d’Arsenal et de Barcelone, les footballeurs célèbrent leurs buts de mille manières différentes. « À moins que le joueur lui-même ne sorte et n’explique un message spécifique, les gens devraient faire attention avant de tirer des conclusions. »

Un contexte déjà très politisé

Henry rappelle que la campagne de l’Iran à cette Coupe du monde était déjà marquée par des tensions avant même le début des matchs. Les supporters iraniens ont rencontré de nombreuses difficultés pour obtenir leurs visas et assister aux rencontres. Des officiels iraniens ont également eu des problèmes d’entrée sur le territoire américain, et l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan a été empêché de participer au tournoi après s’être vu refuser l’accès aux États-Unis.

« Sur ce fond, chaque geste, chaque interview et chaque célébration est examiné sous une loupe politique », regrette Henry. C’est précisément ce qu’il craint : que le football perde son essence au profit de débats idéologiques.

« L’histoire, c’est le football »

Pour l’ancien capitaine des Bleus, la véritable histoire de ce match est sportive : l’Iran a réussi à revenir à deux reprises contre la Nouvelle-Zélande, et Mohammad Mohebi a inscrit un but égalisateur décisif. « Voilà l’histoire du football », insiste-t-il.

« Au lieu de cela, les gens passent plus de temps à débattre de symbolisme qu’à discuter de la qualité du match lui-même. »

Henry rappelle que la Coupe du monde est censée être un espace où les joueurs représentent leur pays sur le terrain, indépendamment des désaccords politiques qui existent à l’extérieur. « J’ai toujours cru que le football devrait unir les gens. Le moment où chaque but, chaque célébration et chaque action devient un argument politique, le jeu perd quelque chose de spécial. »

Un appel à la mesure

Le consultant appelle à juger les joueurs sur ce qu’ils font sur le terrain, tant qu’il n’existe pas de preuves claires d’une intention politique explicite de leur part.

« Que vous souteniez l’Iran, la Nouvelle-Zélande ou qui que ce soit d’autre, jugeons les footballeurs sur ce qu’ils font sur le terrain, à moins qu’il n’y ait des preuves claires qu’ils avaient l’intention de faire autre chose. Pour l’instant, trop de gens semblent déterminés à transformer les moments de football en batailles politiques. »

Avec ces propos, Thierry Henry tente de recentrer le débat sur l’essentiel : le jeu, les performances et la passion du football, plutôt que sur les interprétations politiques qui, selon lui, risquent de nuire à l’esprit même de la compétition.

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