
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite, connaît une ascension fulgurante dans les intentions de vote. Selon les derniers sondages publiés en mai 2026, il devance largement la CDU/CSU du chancelier Friedrich Merz et s’impose comme la première force politique nationale avec 27 à 29 % des suffrages.
Cette dynamique confirme la tendance observée depuis les élections fédérales anticipées de février 2025, où l’AfD avait déjà doublé son score pour atteindre 20,8 %, devenant la deuxième force du pays et la principale force d’opposition.
Le parti ne cache pas son ambition : si aucune réforme profonde de l’Union européenne n’est engagée, il entend organiser un référendum sur la sortie de l’Allemagne de l’UE – le fameux « Dexit » – en cas d’accès au pouvoir lors des prochaines élections. Une position qui fait écho au Brexit britannique et qui inquiète autant à Berlin qu’à Bruxelles.
🚨GERMANY WANTS TO WITHDRAW FROM THE 🇪🇺 EUROPEAN UNION!
🇩🇪 Germany’s RIGHT-WING party (AfD), the Alternative for Germany, is rapidly gaining popularity across the nation and wants to LEAVE the European Union if it secures a victory in the upcoming election. pic.twitter.com/wSXtUTl0ih
— JackTheRippler ©️ (@RippleXrpie) May 25, 2026
Une popularité qui s’étend à tout le pays
Créée en 2013 comme parti eurosceptique et anti-euro, l’AfD s’est radicalisée au fil des années autour des thèmes de l’immigration, de la souveraineté nationale et de la critique de l’« establishment » bruxellois. Longtemps cantonnée à l’Est, elle progresse désormais partout. Dans des Länder comme la Saxe-Anhalt, elle est créditée de plus de 40 % des intentions de vote en vue des élections régionales de septembre 2026. Même dans l’Ouest, traditionnellement plus réfractaire, elle a doublé ses scores : près de 20 % en Rhénanie-Palatinat en mars 2026.
Cette montée en puissance s’explique par le profond mécontentement des électeurs face à la coalition gouvernementale CDU-SPD. Crise économique persistante, inflation énergétique, gestion de l’immigration et stagnation des réformes : le chancelier Merz, au pouvoir depuis 2025, voit sa popularité s’effondrer (seulement 15 % de satisfaits). L’AfD capitalise sur ce ras-le-bol en promettant un retour à la souveraineté nationale, une politique migratoire stricte et une remise en cause du « Green Deal » européen.
Le « Dexit » : réforme ou sortie ?
Dans son programme et ses déclarations récentes, l’AfD ne prône pas un départ immédiat de l’UE. Ses dirigeantes, Alice Weidel en tête, insistent sur une réforme radicale : réduction drastique des compétences de Bruxelles, retour de la souveraineté aux États membres, suppression de la « bureaucratie coûteuse et corrompue » et transformation de l’Union en simple « alliance d’États souverains ».
Si ces changements s’avèrent impossibles, le parti propose alors un référendum sur le Dexit, sur le modèle britannique. « Nous pourrions organiser un référendum sur le Dexit – une sortie de l’Allemagne de l’UE », avait déclaré Alice Weidel dès 2024, position confirmée dans le projet de programme électoral.
Certains cadres ont même évoqué une sortie de l’euro et une renégociation des traités.Cette ligne divise : les économistes mettent en garde contre un coût colossal (perte de plus de 5 % du PIB en cinq ans selon certaines études), tandis que les entreprises allemandes, très dépendantes du marché unique, sonnent l’alarme. La plupart des Allemands restent attachés à l’UE, mais la frustration grandissante face aux normes européennes et à la politique migratoire commune alimente le discours de l’AfD.
Un isolement politique qui ne freine pas son élan
Malgré son succès électoral, l’AfD reste ostracisée. Tous les autres partis maintiennent un « cordon sanitaire » et refusent toute alliance. Même en cas de victoire dans un Land comme la Saxe-Anhalt, elle risque de gouverner seule ou de se heurter à un blocage institutionnel. Au niveau fédéral, une majorité absolue semble encore lointaine, mais sa position de force d’opposition lui permet déjà d’imposer ses thèmes dans le débat public.
Pour ses partisans, l’AfD incarne enfin la défense des intérêts allemands face à une UE perçue comme trop interventionniste. Pour ses détracteurs, elle représente une menace pour la démocratie et la stabilité européenne. Quoi qu’il en soit, son ascension rapide et sa volonté affichée de remettre en cause le projet européen obligent désormais tous les acteurs politiques à prendre position.
À moins d’un an de plusieurs scrutins régionaux cruciaux et avec les élections fédérales de 2029 en ligne de mire, l’AfD n’est plus un phénomène marginal. Elle est devenue un acteur central du paysage politique allemand – et, potentiellement, un facteur de déstabilisation pour l’ensemble de l’Union européenne. Le monde entier suit désormais avec attention cette montée en puissance qui pourrait, si elle se confirme, redessiner la carte politique du continent.


Soyez le premier à commenter