Les couleurs de la souveraineté

Professeure Boutaïna HASSANI
Université Mohammed Premier Oujda

Les actes qui visent les symboles d’une nation ne sauraient être réduits à de simples gestes de provocation. Lorsqu’ils s’attaquent à ce qui incarne l’histoire, la souveraineté et la cohésion d’un peuple, ils participent d’une logique de fragmentation du lien civique et nourrissent des passions dont aucune démocratie ne sort grandie. La liberté d’expression, principe fondamental de nos États de droit, ne saurait être invoquée pour justifier l’outrage délibéré aux emblèmes qui fondent l’identité politique des nations. Il appartient dès lors aux institutions de répondre avec la fermeté que commande l’État de droit. Non par esprit de revanche, mais parce qu’une démocratie ne préserve son autorité qu’en affirmant clairement les limites qui séparent la liberté de l’atteinte aux valeurs communes. La décision des autorités marocaines d’engager les voies de droit s’inscrit dans cette exigence : celle de rappeler que nul ne peut impunément porter atteinte aux symboles de la souveraineté nationale.

Au-delà de cet épisode, une évidence mérite d’être rappelée. Le respect des emblèmes nationaux ne relève ni du cérémonial ni d’un attachement purement formel. Il constitue l’une des conditions du respect mutuel entre les peuples. On ne bâtit ni le dialogue, ni la confiance, ni la paix durable sur l’humiliation, la dérision ou la profanation des symboles auxquels les nations s’identifient. Le drapeau marocain est bien davantage qu’un étendard. Il porte en lui la mémoire d’une histoire séculaire, la continuité d’un État et l’expression d’une communauté nationale qui s’est construite au fil des siècles. Lui manquer de respect, c’est atteindre ce qu’il représente : la dignité d’un peuple, son héritage et son attachement à une souveraineté patiemment forgée.

Les relations entre les nations reposent d’abord sur une exigence simple : le respect réciproque. Les peuples qui honorent leurs propres symboles comprennent la nécessité de respecter ceux des autres. C’est à cette condition que peut prospérer un dialogue authentique, fondé non sur la confrontation des mémoires, mais sur la reconnaissance de la dignité égale des nations.

6 juillet 2026

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