L’embouchure de l’Oued Moulouya : Une expédition de terrain alliant recherche scientifique et action associative pour protéger le « poumon » de l’Oriental

Oujda – Reportage spécial

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des zones humides, des acteurs civils et académiques d’Oujda ont organisé, le dimanche 1er février, une expédition d’étude et de terrain au site de l’embouchure de la Moulouya. La caravane a quitté Oujda tôt le matin, composée d’un grand bus, d’un transport touristique, de voitures de professeurs universitaires et d’un taxi transportant la logistique, le matériel de nettoyage et les vivres.

Première étape : Les forêts de genévriers et le cri d’alarme

La première destination a été la zone de « Ras Kebdana », où la délégation a été accueillie par les gardes des Eaux et Forêts, avec à leur tête M. Rachid Chakhum, directeur par intérim de la réserve de la Moulouya, et le garde Rachid Charqi. Dès leur arrivée, des casquettes, des gilets de protection et des gants ont été distribués aux participants pour lancer l’activité.

Lors de cette étape, des explications approfondies ont été fournies par les responsables et les universitaires. Rachid Chakhum a souligné que le site possède des caractéristiques biologiques et écologiques uniques, abritant des espèces forestières menacées et des oiseaux rares. Il a averti que les interventions humaines anarchiques constituent un facteur déterminant dans la dégradation du site. De son côté, le professeur Yaacoub Abd (biologiste) a indiqué que les formations de Genévrier phénicien souffrent d’une dégradation alarmante due à la sécheresse et à l’activité humaine, entraînant une hausse de la salinité du sol. Il a appelé les autorités à intervenir d’urgence pour le reboisement afin de garantir un développement durable.

De la sensibilisation à l’action : Campagne de nettoyage

Après les allocutions de bienvenue du Dr Ben Ata Mohamed et des autres professeurs, les étudiants chercheurs des facultés des Sciences et des Lettres d’Oujda, aux côtés d’associations telles que « Les Amis de l’Environnement » et « l’Association de la forêt de Sidi Maafa« , ont mené une vaste campagne de nettoyage. Après une courte pause, tous se sont mobilisés pour collecter les déchets polluant l’écosystème, une action visant à ancrer la conscience environnementale sur le terrain.

Deuxième étape : L’embouchure et le débit écologique

La caravane s’est ensuite dirigée vers le site biologique de l’embouchure. Sur place, le Dr Ben Ata Mohamed a expliqué l’importance du site en tant que refuge pour les deux tiers des espèces d’oiseaux présentes au Maroc. Il a insisté sur le fait que le maintien d’un « débit écologique » est vital pour la reproduction des poissons qui migrent entre l’oued et la mer.

Sur le plan scientifique, le professeur Abdelkader Sebai a déclaré que les études hydrologiques menées sur l’embouchure ont conclu à la nécessité de maintenir un débit minimal de 0,4 mètre cube par seconde pour assurer la connexion avec la mer et éviter une rupture écologique. Le professeur Ben Younes Ben Aicha a ajouté que ces efforts s’inscrivent dans un projet financé par l’Ambassade de France, notant que les récentes précipitations ont permis à l’oued de rejoindre la Méditerranée après une période d’interruption.

Engagement international et perspectives

Les interventions se sont clôturées par le mot du professeur Bakkay Khalid, rappelant que le Maroc compte 38 zones humides classées selon la convention internationale de « Ramsar ». Il a insisté sur l’importance de la sensibilisation continue impliquant étudiants et presse. La journée s’est achevée par un déjeuner collectif et la distribution de brochures éducatives. Une recommandation finale a été émise pour l’adoption de lois d’application afin de protéger ces paysages écologiques pour les générations futures.

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