CA VA CONNECTER – 19 octobre 2025
Alors que l’intérêt des entreprises françaises pour le marché marocain ne cesse de croître, le Maroc s’affirme comme une destination d’affaires incontournable. Parmi les acteurs clés facilitant ce rapprochement, Sana Iffach, entrepreneure lyonnaise engagée et présidente de la société SIA Act, fait figure de trait d’union idéal entre la France et le Royaume. Selon elle, la fenêtre d’opportunité est urgente, voire déjà critique.
L’impératif d’accélérer : l’échéance 2030
Accompagnant depuis plusieurs années les entreprises marocaines à s’installer en France et inversement, Sana Iffach observe l’effervescence économique actuelle. Interrogée sur l’opportunité d’investir maintenant, compte tenu notamment du plan Maroc Digital et de l’organisation conjointe de la Coupe du Monde en 2030, sa réponse est sans appel : « c’est même trop tard, c’est-à-dire que il faut se dépêcher ». Elle exhorte les investisseurs à ne pas perdre de temps.
Mme Iffach a d’ailleurs déjà eu l’occasion d’accompagner des sociétés lyonnaises, telles que Bible Tessi et Araiko, pour leur implantation et développement commercial au Maroc. Ces entreprises ont su anticiper les enjeux de la digitalisation et de la Coupe du Monde 2030. Elle encourage vivement les PME et ETI françaises à se rendre sur place et à la solliciter pour les accompagner dans ce processus d’implantation.
Similitudes culturelles et règle d’or de l’humilité
Bien que les entrepreneurs s’interrogent souvent sur les différences culturelles, Sana Iffach se veut rassurante, affirmant qu’il existe « plutôt 95 % de similitude » entre la manière de fonctionner des entreprises françaises et marocaines. Le droit du travail et le droit des affaires sont même « quasiment identiques », ce qui facilite grandement l’installation d’une entreprise française.
Cependant, elle insiste sur un prérequis fondamental pour réussir : l’humilité. C’est le premier conseil qu’elle donne à ses partenaires. Il est essentiel de montrer que l’on souhaite « apporter », et non pas seulement « prendre ».
Une vision royale tournée vers l’exportation et l’industrie
L’attractivité du Maroc est intrinsèquement liée à sa stabilité politique et à la « vision extraordinaire » de son souverain, qui règne depuis près de 25 ans. Cette vision a notamment eu pour ambition d’« exporter le savoir-faire marocain » dans tous les domaines.
Si le tourisme et l’artisanat sont traditionnellement cités, Sana Iffach souligne que l’industrie automobile est devenue l’un des secteurs les plus importants, non seulement sur le continent africain, mais à l’échelle mondiale. Elle rappelle que le Maroc est désormais guidé vers l’exportation plutôt que la seule importation. L’expertise et « l’intellect marocain » sont d’ailleurs très recherchés à l’étranger, citant l’exemple du Canada post-Covid qui a sollicité de nombreuses ressources humaines marocaines.
Les femmes au cœur de la gouvernance et de l’économie
Un point central mis en avant par l’entrepreneure est la place primordiale des femmes dans la société marocaine. Elle souligne que c’est une « volonté très claire » du Roi qu’il y ait une part égale entre hommes et femmes dans toutes les institutions du Maroc.
Cette volonté se traduit concrètement par la présence de plus de la moitié de femmes ministres au gouvernement, y compris à des postes stratégiques comme les ministères des Finances, de la Transition Numérique et de la Transition Écologique. De plus, elle rappelle le rôle historique des femmes, notamment des mères et des grands-mères, dans les systèmes d’épargne traditionnels comme les tantines (appelées « darrête » en arabe).
Sahara Connect et la force de la Francophonie
Pour développer davantage les liens économiques et culturels, Sana Iffach travaille au lancement du projet Sahara Connect, un événement qui coïncidera avec les 50 ans de la Marche Verte le 6 novembre. L’objectif de ce projet est de développer les relations panafricaines et de démontrer la « place centrale » du Sahara dans l’économie mondiale. L’événement couvrira la tradition, le numérique et la connexion entre les peuples africains.
Enfin, même si l’anglais domine l’économie mondiale, Mme Iffach insiste sur le rôle essentiel de la Francophonie. Elle souligne que celle-ci est liée à la culture et à la tradition, constituant un « élément majeur ». Bien que la tendance soit à l’anglais, elle note que le « mindset » en Afrique reste très francisé. Elle rend d’ailleurs hommage à Daniel Enkel, ambassadrice des entrepreneurs francophones, pour son engagement.

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