Hassan III, l’héritier qui inquiète la cour de Rabat

Maladie du roi, luttes de clans, purges en prévision… Le journaliste Omar Brouksy dresse dans un livre choc les coulisses d’un pouvoir marocain vacillant. Et si le futur Hassan III était moins docile qu’on ne le croit ?

Longtemps perçu comme un État stable et autoritaire, le Maroc vit aujourd’hui dans l’ombre d’un monarque de plus en plus affaibli. Atteint de la maladie de Hashimoto et d’une bronchopneumopathie chronique, Mohammed VI passe une grande partie de son temps à l’étranger.

Dans son enquête Maroc. Fin de règne (Éditions Nouveau Monde), Omar Brouksy décrit une cour rongée par les rivalités, où chacun guette l’instant où le trône basculera vers le prince héritier Moulay El Hassan, 22 ans.

Surnommé « le vice-roi », Fouad Ali El Himma, ami d’enfance du souverain, gère les affaires courantes en son absence. Mais d’autres clans tirent leur épingle du jeu : les frères Azaitar, boxeurs allemands devenus les intimes du roi, sont détestés par la famille royale et les services secrets. Leur protecteur, Mohammed VI, disparu, ils devraient prendre le premier avion pour l’Allemagne, prédit Brouksy.

À l’inverse, la princesse Salma Bennani, dont le roi a divorcé en 2017, effectue un retour discret mais symbolique. Réinstallée dans une résidence royale, elle reste très proche de son fils. Une proximité qui pourrait peser sur les premières décisions de Hassan III.Car le futur roi, formé par Mostafa Terrab, le puissant patron de l’OCP, n’a rien d’un pantin. Si l’on sait peu de lui – sinon qu’il est « poli, froid, taciturne » –, ses proches imaginent des purges immédiates contre les clans qui ont profité de l’éloignement de son père.

L’ouvrage revient aussi sur des affaires sensibles : l’espionnage présumé d’Emmanuel Macron via le logiciel Pegasus, les campagnes médiatiques orchestrées par les services secrets, ou encore la cavale d’un haut agent marocain en Europe. Autant de signes d’un système qui vacille, alors que le Maroc n’a jamais été aussi présent sur la scène diplomatique.

À la question de l’abdication, Omar Brouksy est clair : elle n’est pas dans la culture monarchique marocaine. Mais l’atmosphère de fin de règne, elle, est bien là. Et avec elle, la crainte, dans l’entourage du roi, que le prince héritier ne bouscule l’ordre établi.

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