Alger/Blida – 14 avril 2026
Deux attentats-suicides ont secoué la wilaya de Blida (à 45 km au sud-ouest d’Alger) lundi dernier, dans un développement sécuritaire rare et inquiétant. Le premier a visé un poste de police au centre-ville, le second une usine agroalimentaire, faisant au moins deux morts parmi les forces de l’ordre et plusieurs blessés.
Ce qui retient surtout l’attention n’est pas seulement la rareté de ce mode opératoire (le dernier attentat-suicide remonte à 2020), mais surtout sa coïncidence précise avec le premier jour de la visite historique du pape Léon XIV en Algérie – la première visite papale dans le pays. Une visite placée sous le signe du dialogue interreligieux et de la coexistence.
Lecture politique :L’événement est lu comme une « réponse sanglante » au message de paix porté par la visite papale. Blida n’est pas une ville ordinaire : elle faisait partie du « triangle de la mort » durant la décennie noire (1992-2002). L’attaque directe d’un site sécuritaire envoie un double message : un défi à l’appareil sécuritaire, pilier du régime, et un rappel que le spectre du terrorisme jihadiste n’a pas totalement disparu malgré le discours officiel de « victoire totale ».
Le silence relatif des autorités jusqu’à présent soulève des questions : s’agit-il d’une confiance dans le contrôle sécuritaire, ou d’un embarras face à un tel incident pendant une visite internationale de haut niveau ? Politiquement, l’événement constitue un véritable test pour le régime algérien, surtout dans un contexte de crises économiques et sociales. Il offre également aux autorités l’occasion de se présenter en « victime du terrorisme » luttant pour la stabilité, et pourrait justifier un renforcement de la coopération sécuritaire avec l’Occident ou un durcissement des mesures intérieures.
En définitive, les attentats de Blida ne sont pas un simple fait divers sécuritaire ; ils constituent un message politique adressé à trois destinataires : au régime (« vous n’êtes pas en sécurité »), au Vatican (« le dialogue que vous promouvez est rejeté ») et à l’opinion publique algérienne (« la décennie noire n’est pas morte »). Les prochains jours diront s’il s’agit du début d’une escalade

Soyez le premier à commenter