
Puisse-t-on mesurer toute la portée de ce geste : ce n’est pas le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qui a pris la parole, mais celui du ministère de l’Intérieur. Ce choix, loin d’être fortuit, relève d’un langage politique d’une remarquable éloquence. Il révèle une conception profondément ancrée dans la doctrine de l’État marocain : la question de Ceuta n’est pas envisagée comme un différend relevant des relations internationales, mais comme une question intérieure, intimement liée à l’intégrité territoriale du Royaume.
Dans cette lecture, Sebta n’apparaît pas comme une frontière entre deux États, mais comme une partie du territoire national placée sous occupation étrangère. Dès lors, l’Espagne n’est plus perçue comme un interlocuteur sur une question de souveraineté, mais comme la puissance occupante d’une terre que le Maroc n’a jamais cessé de considérer comme sienne.
Le silence des symboles est parfois plus éloquent que le tumulte des discours. Et, en politique, le choix de celui qui parle révèle souvent davantage que les mots qu’il prononce.
Boutaïna HASSANI 2-8-2026

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